Je suis la vie qui fait son cinéma,

le flux inconstant de lapis-lazuli et le soleil qui écorche les
pierres.

Les cyprès qui murmurent des vérités brûlantes,

et la flamme ardente du chant gitan dans la nuit andalouse.

Je suis mer de coquelicots, vagues de lavande,

parfums de thym et d’origan,
fragrances d’agrumes et de jasmin,

les ors d’huile d’olive, les soleils liquides du miel,

et le cantique des étoiles sous les dattiers.

Les errances d’Ulysse qui hantent les rivages,

l’encre du calligraphe et les arabesques de nostalgie.

La terre sèche qui craque sous les pas,

les stigmates des oliviers.

Je suis la terre fendue par la colère des cieux,

le sirocco et les voix des ancêtres.

Des rêves de liberté aux barques désarmées,

des récits d’exil, de retour, de gloire et de déclin.

Je suis les colonnes démembrées,

l’art qui court dans le tumulte des rues,

l’écho de nos rêves perdus.

Dans les venelles, les ombres des siècles.

Je suis le théâtre où les masques se brisent,

des histoires de dieux délaissés,

le vin rouge sang des mythes anciens,
et le vin amer des massacres.

Je suis les cris d’un peuple, un hymne de cendres,

un chant de révolte sur les lèvres,

le sang des martyrs,
les prophéties et les pleurs des enfants,

des combats gravés dans les corps, des serments éternels.

Des destins engloutis, des secrets dissous dans le sel,

les noyades dans le silence pesant de l’histoire.

Je suis mare nostrum.

Mare Nostrum


Je suis la vie qui fait son cinéma,
le flux inconstant de lapis-lazuli et le soleil qui écorche les
pierres.
Les cyprès qui murmurent des vérités brûlantes,
et la flamme ardente du chant gitan dans la nuit andalouse.
Je suis mer de coquelicots, vagues de lavande,
parfums de thym et d’origan,
fragrances d’agrumes et de jasmin,
les ors d’huile d’olive, les soleils liquides du miel,
et le cantique des étoiles sous les dattiers.
Les errances d’Ulysse qui hantent les rivages,
l’encre du calligraphe et les arabesques de nostalgie.
La terre sèche qui craque sous les pas,
les stigmates des oliviers.
Je suis la terre fendue par la colère des cieux,
le sirocco et les voix des ancêtres.
Des rêves de liberté aux barques désarmées,
des récits d’exil, de retour, de gloire et de déclin.
Je suis les colonnes démembrées,
l’art qui court dans le tumulte des rues,
l’écho de nos rêves perdus.
Dans les venelles, les ombres des siècles.
Je suis le théâtre où les masques se brisent,
des histoires de dieux délaissés,
le vin rouge sang des mythes anciens,
et le vin amer des massacres.
Je suis les cris d’un peuple, un hymne de cendres,
un chant de révolte sur les lèvres, le sang des martyrs,
les prophéties et les pleurs des enfants,
des combats gravés dans les corps, des serments éternels.
Des destins engloutis, des secrets dissous dans le sel,
les noyades dans le silence pesant de l’histoire.


Je suis mare nostrum.

Texte et peintures digitales © Roland Ezquerra